01.09.2010

Excuse-moi, on n'aurait pas couché ensemble ? (Témoignage de Garçon)

J’ai la trentaine. Je vis en couple monogame quasi-exclusif, au sens où je ne cherche pas l’aventure. C’est elle qui me trouve et ne dure qu'’un soir, car, la performance ou le besoin d’être aimé ne font plus parti de ma quête. Je n’ai pas toujours été aussi sage, au contraire. Avant la rencontre de mon mari, je considère, avoir été comme bon nombre de garçons : un prédateur sexuel. La vingtaine était pour moi l’âge des défis, notamment celui de toujours vouloir jouir de l’instant présent. 

Combien ai-je vécu d’aventures d’une heure, d’un soir ou de quelques jours ? Je n’en ai aucune idée. Si on ajoute à cela les mecs que je me suis envoyé dans des backrooms ou dans des bordels en plein air, j’imagine avoir eu plus d’un millier d’amant durant ces dix dernières années.

Etrangement, mes aventures ont presque toutes en commun le chiffre 3. Elles ont duré 3 minutes, 3 heures, 3 jours, 3 semaines, et quelquefois 3 mois (ou plus souvent 3x3mois). Je me souviens aisément des plus longues car certaines habitudes s’étaient mises en place, mais aussi parce qu’il s’agissait de bons, voir de très bons coups… Peu de garçons entrant dans la catégorie des 3 jours font parti de mes souvenirs. Pour les garçons d’une nuit, je n’en sais rien, sauf s’il s’agissait du mec avec lequel il ne fallait pas coucher (mec d’un pote entre autre, ou d’un partenaire qui s’avérait être un sale con !). Concernant les hommes des backrooms, il est clair que je n’ai aucun souvenir d’eux, pas même de la sensation du frottement de nos corps…

Si j’en reviens à ce que j’exprimais dans le paragraphe précédent, je suis censé me remémorer mes meilleurs coups. Or, comme il y en a eu tellement, je me demande si je ne serais pas atteint d’Alzheimer sélectif !

Hier soir, alors que nous prenions un verre en terrasse de notre QG, deux serveurs d’un autre bar se sont assis à la table à coté de la nôtre le temps de leur pause. Au début, je n’ai pas prêté attention à eux, puis, en observant attentivement l’un des deux, j’ai eu des flashs. J’avais un peu bu. Je me suis longuement demandé s’il s’agissait d’un fantasme ou d’une expérience passée.

Ensuite, une autre vision. Il y a quelques semaines, ce jeune homme m’a servi plusieurs verres et m’en a offert certains en souriant comme s’il me connaissait. Je l’ai observé encore plus attentivement, me faisant griller au passage par mon mari. A cet instant précis, j’ai pris conscience que mes flashs ne relevaient pas du fantasme. Au contraire, je me suis souvenu avoir couché avec lui, des détails de son corps, de la forme de son torse, de sa pilosité, de l’odeur de sa peau ou de la taille de sa bite. Je sais qu’on a baisé vigoureusement, presque avec passion, mais impossible de me souvenir du décor ou de l’époque. Etait-ce dans ma chambre de bonne du 17ème arrondissement lorsque j’étais étudiant ? Dans un studio du 14ème que je soulouais plus tard ? Aucune idée. Simplement le souvenir d’avoir pris un pied d’enfer. Impossible non plus de me rappeler en quelles circonstances nous nous étions dragués. En fonction du lieu où nous avons fini la nuit (il est certain que ce n’était pas chez lui), et des habitudes que j’avais en fonction des différentes époques, il est probable que je l’ai soit rencontré dans les bas-fonds du dépôt ou bien au Mixer bar…

J’ai questionné le patron du bar pour savoir s’il le connaissait. La réponse était négative et ne m’éclairait pas davantage. Tant pis, je devais prendre mon courage à deux mains. Seulement, on n’approche pas quelqu’un en lui demandant « hé, salut, on n’aurait pas couché ensemble ? ». Lorsqu’il s’est levé pour partir, il s’est retrouvé face à moi. Je devais savoir. Plutôt que d’être direct, étant donné que rien ne ressemble plus à un homme qu’un autre homme dans le microcosme dans lequel nous vivons, je lui ai demandé si nous ne nous étions pas rencontrés il y a plusieurs années. Il a répondu par l’affirmative, en ajoutant « et bien plus que ça ». J’ai rougi. Je lui ai demandé s’il allait bien, mais pas plus. Il partait avec son collègue et je ne me voyais pas le harceler pour qu’il me rafraîchisse la mémoire.

Aujourd’hui, je ne me souviens ni de son prénom ni des détails de ce qu’à été notre aventure. Je me souviens que c’était bon. A l’avenir, je ne chercherai pas à en savoir davantage. Cette rencontre a été troublante.

 

 

 


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Commentaires

Ce n'est pas un Pintading, mais c'est tellement bien écrit que je n'ai pu résister à l'envie de publier ce témoignage.

Écrit par : SONIA | 01.09.2010

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effectivement bien écrit.
et histoire troublante pour l'auteur, j'en conviens.

Écrit par : zaza | 02.09.2010

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Joliment écrit, même si pas du pintading. ^^

Écrit par : Nishi | 02.09.2010

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merci pour le témoignage en tout cas.... Le paintading sera peut-être pour son mari si il le recroise moins chastement..

Écrit par : rose | 04.09.2010

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c'est vraiment tres bien écrit !
bonne soirée

Écrit par : amélie | 08.09.2010

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Beurk !

Écrit par : Marine | 27.08.2011

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