05.02.2010
Quand Valérie Damidot rencontre "C'est du Propre"
Laissez-moi vous conter mon histoire la plus sérieuse – et la plus récente en date.
J'ai rencontré un garçon fin 2005 via un fameux site commençant par "mee" et se finissant par "tic". Bon, c'est pas Brad Pitt, mais on se retrouve direct sur la même longueur d'ondes. Et pour ne rien gâcher, il se trouve être doté d'une culture relativement phénoménale, et surtout d'un humour à tomber : fin, cynique à souhait… bref, j'ai encore jamais connu ça et je tombe sous le charme.
Seul petit souci (ça compte pour la suite) : il est graphiste au black, ne touche même pas le RMI, et vit depuis 4 ans dans l'ancien appart de ses parents en coloc avec un pote.
Qu'à cela ne tienne, je m'installe chez lui 9 mois plus tard (j'habitais toujours chez mes parents à 28 ans, autant dire que bon.. hein, bon). Déjà, petit tombage de nues quand je débarque avec mes cartons : il n'a rien déblayé dans la pièce (une sorte de débarras) où je suis censée installer mon bureau et toutes mes affaires, je dois donc virer le jour-même toutes les vieilles merdes encombrantes (et inutiles depuis 4 ans au moins) à la cave. Autant dire que je me sens super bien accueillie.
Ensuite, les mois passent… (Ah oui, anecdote : quelques mois avant mon emménagement, je tombe enceinte, il ne trouve rien à dire, je me démerde seule pour les démarches (ok, il n'a pas le permis), et ne m'offre aucun soutien côté psy, il n'est là que pour m'héberger le temps de la rémission (qui dure une bonne semaine, je reste alitée à souffrir ma race 24/24 - le mal de bide mensuel à côté, c'est de la gnognotte ).. (un conseil, les filles : obligez la capote) !
Enfin bref.
D'autres mois passent.
Et notre mode de vie me tape de plus en plus sur les nerfs. Car bosser dans une pièce de 9 m², soit, ok, pas de problème. Mais se retrouver contraints d'accueillir les potes dans la chambre de 12 m² (la configuration de l'appart faisant que le salon appartient au domaine du coloc), jour après jour, à 30 ans passés, avec le coloc qui vient s'étaler sur le lit (le dernier espace intime qu'il nous reste, soit dit en passant) pour rouler son joint.. c'est moyen, quoi.
(Interlude : mon mec décroche un CDI).
Donc bref, les mois passent (toujours)… et la tension monte.
Car ledit coloc comence à avoir tout ce qu'il faut pour me plaire.
Pour faire bref : c'est une enflure de pollueur qui se fout royalement de la consommation de l'eau et de l'électricité, et qui monopolise la cuisine sans se soucier du fait qu'on puisse éventuellement avoir besoin de faire la cuisine, histoire de manger.
Ah, et il est aussi aimable qu'une borne d'incendie.
Mais comme dit mon mec : "Il est comme ça. C'est son caractère."
Soit.
Re-bref, les mois continuent à passer – les frustrations continuent à monter.
Fin 08, le coloc émet l'idée de quitter l'appart. HOURRA.
Sauf que.
Sauf qu'il ne fait rien (ah oui, il est au chômage, donc at home all day long… tout comme moi qui bosse at home, donc) (Je vous laisse imaginer la bonne ambiance.)
Or, fin mars 09, un incident domestique se produit (dégât des eaux, siphon à remplacer, une connerie du genre), et problèmes de quant à savoir qui va s'occuper de gérer la chose.
Là, mon mec commence à prendre le coloc en grippe.
Du coup, gros froid qui se met en place..
… et qui va durer 3 mois (genre on se croise dans le couloir, on se dit même pas bonjour.. AMBIANCE).
De mon côté, je note bien des signes dénotant une faiblesse d'affection, mais notre mode de vie pourri étant ce qu'il est, je prends mon mal en patience et compte les jours jusqu'au départ du coloc.
JOUR J
Le coloc se barre. Enfin.
10 minutes après son départ, je commence à repeindre "son" salon (beige de fumée jusque-là). J'ai du boulot en attente (ui, je suis freelance aussi), mais il faut absolument que je repeigne ce salon en blanc (car mon boulot est du genre intello, aussi je peux me permettre d'empoigner un pinceau tandis que je réfléchis à mes formulations de phrases).
J'en serai pour 4 couches de peinture, en alternance avec mon écran de pc, histoire de mener les deux de front et d'avoir un salon correct le plus vite possible, rapport au fait que ça fait trop longtemps qu'on a l'impression de vivre comme des rats dans une chambre enfumée (ce qui est le cas).
6 jours après le départ du coloc, l'appart est enfin vivable, et on peut enfin envisager une vie à deux.
Sauf que.
Sauf que 10 jours après le départ du coloc, mon mec me dit : "Ça va pas. Ça fait un an que ça va pas. On peut pas rester ensemble. (En substance = "T'es pas assez dark, t'es pas assez rock n'roll, t'es pas assez sexy, tu devrais te maquiller 10 fois plus" (SIC))
"Ah, et quitte à tout se dire, j'ai envoyé un sms à une fille du taf pour lui dire qu'elle me plaisait." (… alors que j'en étais encore à fignoler les dernières peintures du salon, donc."
"Mais je te chasse pas, tu peux prendre tout ton temps pour te reloger."
…… Dès le lendemain, j'ai appelé mes parents pour tout déménager. Je ne l'ai pas revu depuis. Et n'ai jamais pleuré.
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| Tags : il me prend pour sa bonne, il me considère comme une femme de ménage, il se sert de moi pour ses intérêts, il vit déjà en colocation, je ne supporte plus mon colocataire, il m'a virée de chez lui, je n'ai plus de toit, je me retrouve sans appartement, je suis obligée de retourner vivre chez mes parents, comment survivre après une rupture douloureuse, gérer son plaquage, se faire larguer et prendre le bon côté des choses, repartir du bon pied |
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