24.01.2010

Bonne fortune

- Dis-moi, t’es pas mal, toi ! Viens chez moi ! Tu me plais, tu sais ! Allez, c’est dit, tu me ramènes.

Jolie, bien faite, mais complètement éméchée, la fille qui m’avait abordé sur le trottoir devant le café de nuit d’où nous sortions. Je ne l’avais pas repérée auparavant.

Elle me demanda où j’avais garé mon auto, me prit le bras cavalièrement et m’entraîna vers celle-ci. En moins de trente secondes, me voici enlevé sous le regard goguenard des potes sûrement jaloux de ma bonne fortune, tu penses bien.

Durant le trajet, elle me raconte en quelques phrases pâteuses sa vie sans intérêt. Puis me saute dessus à peine arrivée chez elle ; me jette sur le lit. Mots sans suite, grommellements, elle me triture partout, se tortille sous moi... Résultat, j’explose à peine en elle. Pas fier, je prends congé avec politesse, non sans qu’elle me glisse son téléphone griffonné sur un papier gras.

Je retrouve ce papier quelques jours après, peut-être une semaine (je devais être, moi aussi, ce soir-là, bien attaqué) et, par jeu, demande à un collègue de lui téléphoner en se faisant passer pour moi. 

- Bonjour, c’est Antoine
- Antoine ?
- Oui, je suis bien chez Marylin ?
- Tout à fait. Mais, comment nous sommes-nous connus ?

Mon collègue lui raconte les faits comme je les ai vécus.
Gros silence.

- Tu ne te rappelles plus ?
- Ben, pas vraiment. C’était quand dis-tu ?
- Une petite semaine.
- Je ne me rappelle pas vraiment. Et alors ?
- Et alors, tu m’as donné ton numéro, donc je me suis permis...
- C’est bien, c’est bien...
- Mais tu ne te souviens pas ? Je t’ai raccompagnée, et puis... nous avons même fait l’amour !

Réponse géniale de la fille :
- Ca a du être rapide, alors !

Le copain raccroche en étouffant de rire.